La désertification touche l'Europe

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Voilà une expression de langue française bien curieuse !

Pour limiter les effets du changement climatique, plantons.

De tous temps, l'humanité à utilisé le bois comme matériau traditio

ChristopheBernier
Fentes de dessication sur sol argileux, une scène qui tend à se banaliser en Europe

Le sud de la France et de l'Europe ressentent les effets de la désertification

 

Avec des sécheresses récurrentes, des pics de canicule de plus en plus longs et marqués, un taux d'hygrométrie atmosphérique estival n'ayant rien à envier à celui du Sahara, les étés de la rive nord du bassin méditerranéen ressemblent de plus en plus à ceux de la rive sud...

L'Europe méridionale subit une aridification progressive depuis la fin des années 1970, comme bien d'autres régions du Monde. Mais les températures de ces dernières années bondissent, 2016 et 2020 sont les années les plus torides jamais enregistrées à travers le Monde. Et d'après Météo France, parmi les 10 années les plus chaudes depuis 1900, 9 appartiennent au XXIe siècle, sachant que 2020 et 2018 ont pris chez nous la tête du classement.

En juillet 2019, l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurrich a publié dans la revue scientfique PloS ONE une étude prospective sur le climat de 520 grandes villes à l'horizon 2050. On y apprend que Madrid devra bientôt s'habituer aux températures estivales de Marakech et que Barcelone devra prochainement supporter le climat actuel d'Adélaïde (située sur la côte sud de l'Australie).

Pas rassurant, mais crédible... avec les 46°C à l'ombre du 28 juin 2019 entre Nîmes et Montpellier, nous avons goûté à la fournaise qui attend les Languedociens et les Provençaux dans les années à venir.

 

Comment réagit la flore, la faune et plus généralement les écosystèmes à ces modifications rapides et irréversibles du climat ?

 

Pas très bien hélas ! On a vu les effets d'une aridité prolongée de l'été 2017 (5 à 6 mois de sécheresse selon les endroits) sur les forêts méditerranéennes. Dans certains boisements de Chêne vert (arbre typiquement méditerranéen) du Languedoc et des Cévennes, les pertes ont atteint 50% du peuplement sur certains versants exposés au sud. Les années suivantes, ce sont les forêts de plaines et de montagnes de l'ensemble de l'Europe tempérée qui ont commencé à se dessécher sur pieds...

Dans la forêt multi-millénaire de la Sainte-Baume à Plan-d'Aups (Var), la belle hêtraie périclite à vue d'œil, des dizaines de hêtres pluriséculaires sont morts sur pied au cours des trois dernières années. Ils tombent comme des mouches, abimant dans leur chute des Ifs vénérables (certains ont plus de mille ans) qui poussent en sous-étagement. Ce sanctuaire est devenu suffisamment dangereux que la municipalité a été contrainte d'interdire l'accès du site au public via un arrêté...

Dans le Limousin (Plateau des Mille Vaches), en Bourgogne (Massif du Morvan) et ailleurs en France des marais et des tourbières entières sont en train de se dessécher à vue d'œil.

Et la faune dans tout ça ? Le 28 juin 2019, jour de canicule historiques, des Scorpions à pattes jaunes Euscorpius flavicaudis sortaient à moitié morts de leurs abris de pierre en garrigue et puis s'arrêtaient au bout de quelques pas, cuits par la chaleur torride. Les nichées tardives d'oiseaux se sont éteintes en silence sous les toits et dans les buissons, nous n'arriverons jamais à évaluer les pertes de cette première fournaise sur l'ensemble de la faune, mais elles doivent être considérables.

 

Que va-t-il se passer maintenant ?

 

Il est certain qu'une partie de la petite faune va disparaître. De très nombreuses espèces sont en effet mieux équipées pour affronter le froid que les grandes chaleurs. Les végétaux, quant à eux, vont migrer progressivement. Les espèces sensibles à la chaleur vont se mettre à pousser à des latitudes et à des altitudes de plus en plus hautes, au fur et à mesure que le réchauffement climatique leur permettra de conquérir de nouveaux territoires désormais accessibles.

Et puis, les végétaux d'Afrique du Nord vont partir à l'assaut de l'Europe méridionale, le processus a déjà commencé. La désertification des terres agricoles est malheureusement au programme pour tous, comme on l'observe déjà dans la péninsule Ibérique, en Italie, en Grèce. Inéluctablement, la viticulture va disparaître des plaines méditerranéennes, trop chaudes et trop arides. La plupart des grands cours d'eau méditerranéens adopteront un régime intermittent, à l'instar des oueds nord-africains...

Pour se préparer convenablement, il convient d'anticiper, en commençant à planter des végétaux ligneux thermo-méditerranéens (en provenance d'Espagne, d'Italie, du Maroc, d'Algérie...). Nous allons aussi devoir apprendre à économiser l'eau, une ressource qui pourrait devenir plus précieuse que le pétrole ! Et puis repensons d'ores et déjà nos constructions pour mieux les protéger de la chaleur. Continuer à bâtir en béton avec une isolation de polystyrène, ce n'est pas vraiment pas sérieux.

Nous pouvons d'ores et déjà couvrir d'arbres les rues et de lianes les façades de nos villes, de nos villages et de nos cours d'école (où le végétal a été systématiquement éradiqué ces dernières décennies pour des questions soit disant sanitaires et sécuritaires).

Bref, retroussons nos manches, nous avons du pain sur la planche. C'est maintenant qu'il faut agir, n'attendons pas 10 ans pour intervenir, parce qu'il fera déjà trop chaud...

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