Plantons des arbres ?

Derniers articles

Voilà une expression de langue française bien curieuse !

Le sud de la France et de l'Europe ressentent les effets de la dés

De tous temps, l'humanité à utilisé le bois comme matériau traditio

AnnePrache
Semis naturel de Hêtre. Mieux vaut partir de la graine pour produire des plants résistants

Pour limiter les effets du changement climatique, plantons. Oui, mais seulement des végétaux rustiques !

 

« Plantons des arbres » est un slogan à la mode chez la plupart des acteurs de politique publique, du moins dans les pays européens. Planter, c'est bien ? Oui... si l'on respecte un certain nombre de conditions. Tout d'abord, il est indispensable que les végétaux plantés soient adaptés, c'est-à-dire qu'ils soient capables de résister à des conditions climatiques de plus en plus difficiles (sécheresses, canicules, tempêtes, etc).

Il se trouve que les particuliers, les collectivités territoriales et les entreprises dépensent chaque année rien qu'en France, plusieurs milliards d'euros dans des achats de plantes ornementales, d'arbres, d'arbustes et de semis divers et variés. On constate qu'une bonne moitié des plantations réalisées tous les ans devra... être remplacée. Pourquoi ? Parce que l'on a planté des végétaux à cycle annuel ou bien parce qu'il s'agissait de plants vivaces non adaptés et qui n'ont pas survécu à leur première saison en terre.

C'est que le climat généreux et stable que nous avons connu au cours des siècles et des millénaires précédents est bien révolu. Le changement climatique est perceptible par tout un chacun et ira crescendo : sécheresses de plus en plus sévères, alternant avec des épisodes de pluies diluviennes, des hivers trop doux et humides, des tempêtes de plus en plus violentes…

 

Face à ce constat alarmant, nous préconisons les solutions suivantes :

1. Ne planter que des végétaux rustiques (vivaces et naturellement résistants), qui soient adaptés à nos climats (océanique, méditerranéen, montagnard...), aux sols (calcaires, acides, secs, humides, etc) et aux conditions écologiques locales (en choisissant des espèces natives de la région biogéographique). Nous y gagnerons en efficacité, avec un gain de temps considérable et une économie substantielle de coûts.

2. Ne planter que des végétaux dont le système racinaire n'a pas été abimés (proscrire les arbres vendus en racines nues !) et qui n'ont pas poussé dans des conditions artificielles (= sans terreau ni tourbe, sans goutte-à-goutte ni engrais chimique), ni dans des récipients trop petits. Le feuillage d'un petit chêne de 6 mois plafonne souvent à 20 cm de hauteur mais sa racine pivotante atteint déjà 80 cm de profondeur.

3. Partir de la graine et en finir avec les dérives du bouturage ou du clonage, source d'une grande vulnérabilité aux agents pathogènes (champignons, virus, bactéries, insectes ou et autres invertébrés ravageurs de cultures).

4. Proscrire les transplantations d'arbres. Les arbres et arbustes ne sont pas faits pour être déplacés ! La reprise des végétaux transplantés reste aléatoire. S’ils ne meurent pas rapidement, la plupart d’entre eux resteront des bonzaïs. La transplantation d’arbres de haut jet nécessite des moyens techniques lourds (pelles mécaniques, camions, tuyauterie pour l’arrosage) et beaucoup de personnel, pour des résultats qui sont la plupart du temps décevants.

 

Nous encourageons tous les producteurs de plants, qu'ils soient horticulteurs ou pépinières à s'engager à faire évoluer leurs pratiques, afin de mieux prendre en compte les « racines » des végétaux qu'ils produisent, gage de qualité et d'une meilleure reprise à la replantation. Et en tant que consommateur, chaque citoyen peut faire évoluer ces pratiques en ne choisissant de s'approvisionner que chez des professionnels qui intègrent le bien être végétal dans leur système de production et qui s'engagent à produire des plants de qualité.

 

Pour aller plus loin :

Planter des arbres pour compenser nos émissions de CO2 : décryptage d’un phénomène de mode

Comment identifier un projet de plantation d’arbres vertueux ?

Déforestation : les clés pour comprendre

Ajouter un commentaire

Un engagement inscrit dans la durée